Avec une fausse candeur et beaucoup d’humour, Sarah Masson nous balade, l’air de rien, dans les sous-bois de ses tourments existentiels. « Ce matin, avant hier, j’existe. À l’aube, j’ai perdu l’avenir » constate-t-elle sans le moindre soupçon de gravité. Là où même le plus petit organisme participe activement à l’équilibre du vivant, l’homme, de son point de vue, brille par sa totale inutilité. « On n’a rien à faire là » s’amuse-t-elle à glisser entre 2 lignes. D’autant que nous prenons de plus en plus de place avec notre boulimique besoin d’exister. On ne sait pas vraiment comment vivre. On ne sait pas non plus quoi faire de nos sentiments avoue-t-elle, dans un monde où toute certitude s’est effondrée. Mais au lieu d’un repli sur soi apeuré, elle nous suggère de nous inspirer du lichen et de fermenter de nouveaux futurs. « Tout est hasard » affirme-t-elle, en ajoutant malicieusement qu’il y a peut-être des hasards plus désirables que d’autres !

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